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Cycle Ingénieur 1ère Année Février 1996
ISEP CYCLE INGENIEUR 1ère ANNEE 1995-1996
1. Résumé : Les entreprises ont depuis longtemps compris l'intérêt des réseaux locaux dans l'infrastructure informatique de leurs installations. Ethernet, suivi de loin par Token Ring, est le plus répandu à ce jour. Toutefois, la rapidité de transmission des données que l'on trouvait jusqu'ici restait de l'ordre du 10 Mbits/s. Cela semble bien peu pour véhiculer des applications toujours plus volumineuses et plus consommatrices de temps réel.
Heureusement, les constructeurs cherchent déjà à
assurer la relève. Deux standards ont donc émergé.
Fast Ethernet, promu par de nombreuses entreprises, s'oppose ainsi
à 100VG-AnyLAN qui se démarque par sa qualité
technique. 2. Abstract : Most companies have understood for a long time how much networks were essential for their computer installation. Ethernet is the most common one, a long way ahead of Token Ring. However, the data transmission rate is still within 10Mbits/s. This is quite low if we consider the new software that use large amount of memory and real-time processing. Fortunately, the next generation has already been developed by manufacturers. One opponent is Fast Ethernet, supported by many companies, against 100VG-AnyLAN, a better network from the point of view of technology. TEP Ethernet rapideLes réseaux locaux hauts débitsI. Introduction aux réseaux locaux : 5A. Introduction aux réseaux 51. Introduction 52. Nécessité d'une relève haut débit 5B. Historique des réseaux locaux 61. Ethernet 62. Token-ring 7C. Théorie des réseaux 8D. Présentation du matériel 91. Câbles 92. Cartes 103. Hubs, répétiteurs, ponts, routeurs, commutateurs... 11II. Fast Ethernet (100Base-T) : 13A. Historique 13B. Concepts 131. L'héritage d'Ethernet 132. Les améliorations 133. Les défauts 14C. Le matériel nécessaire 151. Câblage 152. Cartes 163. Concentrateurs / répétiteurs 164. Autres appareils 175. La compatibilité avec Ethernet 17D. Aspects humains 181. Les administrateurs de réseaux 182. Les constructeurs 18III. 100VG-AnyLAN 19A. Historique 19B. La technique 191. Le texte officiel 192. La topologie en étoile 193. DPAM Demand Priority Access Mode 204.! Le taux de transfert en pratique 215. Une sécurité accrue 226. La compatibilité avec Ethernet et Token Ring 23C. Le matériel nécessaire 241. Câblage 242. Cartes 253. Hubs... 254. Autres appareils 26D. Aspects humains 261. Les administrateurs de réseau 262. Les constructeurs 26IV. Extensions des réseaux locaux hauts débits : 28A. FDDI 28B. ATM LAN Emulation 29C. Ethernet 1 Gigabits/s 30V. Conclusions : 31A. Fin de la guerre Fast Ethernet - 100VG-AnyLAN 31B. Propositions pour Thomson SINTRA 31VI. Annexes 33A. Glossaire 33B. Tableaux récapitulatifs 361. Récapitulatif des propriétés des réseaux locaux 362. Récapitulatif des caractéristiques des câble à 100 Mbits/ss 36C. Liste des fournisseurs Fast Ethernet 371. Network Interface Cards 372. Hubs 383. Bridges 394. Switches 395. Routers 406. Various Fast Ethernet Hardware 407. PHYceiver(tm) 408. Transceiver 41D! . Liste des fournisseurs 100VG-AnyLAN 411. Network Interface Cards 412. Hubs 423. Switches 424. Routers 425. Various 100VG-AnyLAN Hardware 42E. Bibliographie 431. Articles de revues 432. Serveurs Internet 433. Livres 43F. Index 44TEP Ethernet rapide Les réseaux locaux hauts débitsLes ordinateurs et les équipements qu'on y raccorde, tels que les réseaux, semblent devenir toujours plus rapides et moins chers. Cette amélioration progressive amène périodiquement des changements importants dans l'industrie de l'informatique. Par exemple, quand on a su réaliser des réseaux locaux peu chers tels qu'Ethernet, ce sont les systèmes distribués et les systèmes de fichiers qui se sont développés. Les transmissions de données, l'informatique et les télécommunications font tous trois l'objet de changements favorables au développement de réseaux. En outre, leur intérêt commun pour les réseaux hauts débit conduit ces trois disciplines historiquement disparates à une coopération beaucoup plus grande que par le passé. Les réseaux à haut débit permettront des applications multimédia très élaborées, capables de changer la vie des entreprises et des particuliers. Mais aussi prometteuses soient-elles, ces applications sont complexes à concevoir et à mettre en place, et il est douteux qu'elles représentent à court terme le déclencheur de l'évolution vers les hauts débits. Plus simplement, les réseaux locaux se généralisent, même dans de petites sociétés. Les utilisateurs manipulent des applications de plus en plus gourmandes en ressources matérielles. Il en résulte des goulots d'étranglement dans la connexion des serveurs et parfois des stations de travail. Les réseaux locaux utilisent depuis leur apparition des techniques de support partagé : toutes les stations sont connectées sur un même support physique dont le débit global est géré par un protocole d'accès. Trois protocoles se sont affirmés comme norme de fait : Ethernet, Token-ring et FDDI. Les réseaux de type Ethernet et Token-ring se situent dans la même gamme de bande passante : 10 Mbits/s pour le premier et 16 Mbits/s pour le second. Ils utilisent des supports physiques métalliques et autorisent des distances de communication allant jusqu'à 250 m sans régénération du signal. Les réseaux de type FDDI (Fiber Distributed Data Interface), avec un débit de 100 Mbits/s, nécessitent l'emploi de fibres optiques. Leurs coûts les limitent essentiellement à des rôles de réseaux fédérateurs. Bande passante insuffisante pour Ethernet et Token-ring, coût élevé pour FDDI, il restait un marché libre : celui de solutions rapides et bon marché ! Deux techniques rivales ont vu le jour : Fast Ethernet (100Base-T) et 100VG-AnyLAN.
Les premières spécifications d'Ethernet
ont été publiées en 1980 par un consortium
regroupant DEC, Intel et Xerox. Cet effort a permis de donner
jour à un système tournant à 10 Mits/s.
Ethernet est devenu un standard quand il a été adopté
par l'IEEE (Institute of Electrical and Electronics
Engineers) sous la référence IEEE 802.
Le standard Ethernet a été publié pour la première fois en 1985, sous le titre " IEEE 802.3 Carrier Sense Multiple Access with Collision Detect (CSMA/CD) Access Method and Physical Layer Specifications ". Ce qui signifie en clair :
Le standard IEEE 802.3 a depuis été adopté par l'ISO (International Organization for Standardization) qui en a fait un réseau mondialement reconnu. Le standard 802.3 est régulièrement mis à jour pour inclure les nouvelles technologies. Il décrit maintenant les dernières recommandations pour Fast Ethernet 100 Mbits.
Le travail a été poursuivi par les
chercheurs du Research Triangle Park qui ont développé
des logiciels et du matériel. Token-ring a été
conçu pour pouvoir relier des mini-ordinateurs à
des micro-ordinateurs. En deuxième place après Ethernet pour le nombre de machines connectées dans le monde, Token-ring bénéficie d'une méthode d'accès plus déterministe que ce dernier. Il se prête donc davantage à des transactions temps réel, alors qu'Ethernet est mieux adapté à des échanges de fichiers volumineux.
L'adoption par l'IEEE de la norme Token-ring sous
la référence 802.5 a permis à différentes
entreprises de lancer sur le marché des produits compatibles.
Token-ring existe en 4 Mbits/s et 16 Mbits/s. Dans le domaine de la gestion de réseau, la situation se caractérisait il y a quelques années par une multiplicité et un grande hétérogénéité des systèmes de gestion. Le souhait des utilisateurs était donc de disposer de systèmes capables d'offrir une gestion intégrée. La solution adoptée consista à définir des normes d'interfaces pour permettre l'interfonctionnement entre les systèmes de gestion et les éléments du réseau. Les normes relatives à la gestion de réseau offrent une matière particulièrement riche et abondante qui contribue à satisfaire les impératifs d'interfonctionnement pour lesquelles elles ont été conçues. L'intérêt de ces normes est confirmé par leur prise en compte par un très grand nombre d'organismes et de fabriquants. Parmi ces normes, on peut citer le modèle OSI (Open Systems Interconnection) défini par l'ISO en 1984 sous la référence IS 7498. La mécanique OSI est fondée sur un modèle à sept couches :
Ce sont à première vue les éléments fondamentaux d'un réseau. Le standard est défini par IEEE 802.3 pour Ethernet et par 802.5 pour Token Ring. Voici les différents types rencontrés :
La technologie est maintenant bien maîtrisée. Les cartes 8 bits qu'on trouvait auparavant ont laissé la place aux 16 bits (80% du marché) qui existent maintenant dans tous les types de bus d'ordinateurs. Les prix restent de l'ordre de 1000 FF HT, ce qui fait d'Ethernet 10 Mbits/s le réseau "haut" débit le plus économique du marché. On peut même parler de marché de grande masse.
Le consortium pour Fast Ethernet, composé d'industriels intéressés par le développement d'un réseau compatible avec Ethernet tout en étant beaucoup plus rapide, a été créé en décembre 1993 à l'IOL (InterOperability Lab) de l'université du New Hampshire. Ces industriels décidèrent d'unir leurs forces afin d'aboutir à un standard très répandu, gage de sa réussite. Ce nouveau produit fut normalisé par l'IEEE sous la référence 802.3u à partir de 1995, bien que sa commercialisation ait commencé dès le début de l'année 1994. A son lancement, l'effet couplé de la promotion de chacun des partenaires et du besoin d'un réseau plus rapide fit que les chiffres de vente dépassèrent les prévisions. Les aspects théoriques de Fast Ethernet sont exactement les mêmes que ceux d'Ethernet classique. Il utilise ainsi la technologie CSMA/CD. Un média relie l'ensemble des stations Ethernet, lesquelles transmettent leurs messages sous forme de trames selon une méthode probabiliste, excluant tout contrôle centralisé (voir Introduction aux réseaux locaux : Théorie des réseaux : Ethernet). Comme auparavant, mais de façon dix fois plus rapide, la couche MAC (Media Access Control) analyse si l'accès au réseau local est possible. La gestion des couches par Fast Ethernet est similaire à celle d'Ethernet traditionnel : ni le format de la trame, ni la quantité de bits qu'une trame peut transporter et ni le mécanisme de contrôle d'accès ne sont modifiés. Cela permet entre autre de concevoir facilement des cartes qui permettent de choisir entre 10 ou 100Mbits/s. Fast Ethernet inclut tout de même une nouvelle spécification : la couche MII (Media Independent Interface). Elle définit une interface standard entre la couche MAC et un des trois types de couche physique (100Base-TX, 100Base-T4 et 100Base-FX). Pour des raisons de compatibilité, elle peut supporter aussi bien un débit de 10Mbit/s que de 100Mbits/s. Selon le cas, on peut la trouver à l'intérieur ou à l'extérieur du matériel. Dans certains appareils, elle est implémentée à l'intérieur, afin de relier la couche MAC directement à la couche physique. Ainsi, dans une carte-adaptateur, elle est intégrée au reste de l'électronique de la carte.
Pour d'autres dispositifs, il est nécessaire
de la mettre en uvre de l'extérieur. Physiquement,
elle se présente sous la forme d'un connecteur à
40 broches. Certains répétiteurs de classe I, équipés
avec ce connecteur, peuvent être connectés à
n'importe quel type de câble si on en possède l'adaptateur
adéquat. Le principe existait déjà chez Ethernet
10Mbps, sous l'appellation AUI, mais de façon moins générale
et moins performante. Plutôt que de défauts, il s'agit surtout de limitations. En effet, l'augmentation de la bande passante a révélé les limites de certains dispositifs.
Le but avoué est de faire évoluer le réseau tout en maintenant le maximum de compatibilité avec les installations Ethernet existantes. Pour cette raison une large variété de composants a été maintenue par la commission de normalisation. Fast Ethernet emploie les types de câbles les plus courants, c'est-à-dire les câbles à paires torsadées de catégories 3 et 5. La plupart des installations existantes utilisent la catégorie 3 ; toutefois, la catégorie 5 est de plus en plus présente. Il est aussi possible d'utiliser des câbles de catégorie 4 (peu courant) ou de la fibre optique. Les trois types de câbles utilisés par Fast Ethernet sont connus sous les noms de 100Base-TX, 100Base-FX (regroupés sous le terme 100BaseX) et 100BaseT4.
Par ailleurs, Fast Ethernet est conçu pour fonctionner sur des installations conformes au standard de télécommunication EIA/TIA 568. Ce standard définit les types de câbles qui peuvent être utilisés, les distances de câble autorisées, et la façon dont chaque bâtiment doit être connecté ; cela afin que chaque élément perturbe le moins possible l'environnement électromagnétique. Pour une connexion dite " horizontale " (entre le groupe des stations de travail et l'armoire de brassage), le standard EIA/TIA supporte des câbles à paires torsadées non blindées (UTP) ou reliés à la masse (STP) et les câbles en fibre optique. Cela ne devrait pas poser de difficultés dans la plupart des cas, car selon une étude récente, ces trois types de câbles sont employés dans 78% des réseaux existants. D'autre part, le standard EIA/TIA établit la limite en longueur des segments de câble en paire torsadée (câble utilisé pour joindre un répétiteur avec un adaptateur). Cette limitation est nécessaire pour éviter que le signal ne sorte pas trop déformé par les perturbations électromagnétiques environnantes au bout du câble. Tous les réseaux Ethernet adhèrent à cette règle. Seules de nouvelles cartes vous permettront de profiter de Fast Ethernet. Souvent, l'apparition d'un nouveau standard suppose que les dispositifs correspondant seront lents à faire leur apparition. Un coup d'il sur la liste proposée en annexe vous persuadera du contraire pour Fast Ethernet. En effet, un nombre impressionnant de constructeurs est déjà sur les rangs. On constate un choix très vaste de cartes : tous les types de câbles sont disponibles. On trouve des cartes se plaçant sur n'importe quel bus : Isa, Eisa, PCI. Néanmoins, le bus Isa semble dépassé, son taux de transfert (8 Mbits/s !) diminuant considérablement les performances du réseau. Grâce à ce choix, la gamme des prix est très large (de 1000 à 8000 FF HT !) et tout le monde y trouvera son compte. D'ailleurs, le nombre de constructeurs implique à moyen terme une guerre des prix qui ne pourra que profiter aux utilisateurs finaux. Il paraît toutefois nécessaire d'insister sur un point. En effet, outre les caractéristiques cités ci-dessus, il faut considérer les cartes mixtes, combinant un port 10Mbits/s et port 100Mbits/s. Il semblerait que ces cartes n'impliquent pas de surcoût significatif. Il est donc fortement encouragé d'installer ces cartes sur un réseau Ethernet classique, pour se préparer au passage à Fast Ethernet. Contrairement à 10Base-T où tous les répétiteurs fonctionnent de la même façon, les répétiteurs Fast Ethernet sont divisés en deux catégories : classe I et classe II.
En pratique, ces répétiteurs sont disponibles directement dans les concentrateurs. Les répétiteurs simples sont en fait presque inutilisés. Souvent, le terme " répétiteur " renvoie en pratique à un concentrateur. Pour étendre la couverture d'un réseau Fast Ethernet, les domaines de collision peuvent être joints par une paire de commutateurs, ponts ou routeurs. Les modèles les plus performants comprennent un port d'interface grande vitesse (High-Speed Serial Interface Port: HSSI) pour une connexion avec un réseau interurbain (ATM) ou un réseau fédérateur (FDDI).
Tous les types d'appareils disponibles pour Ethernet
ont été adaptés à Fast Ethernet. Le
choix est d'ores et déjà important et il continuera
à se développer à l'avenir, grâce aux
constructeurs en grand nombre. Par essence, Fast Ethernet est parfaitement compatible avec l'ancien standard Ethernet puisqu'il garde la même gestion des couches OSI : méthode d'accès, trame... Du point de vue théorique, il serait possible de réutiliser la majorité des appareils installés. Non optimisés pour Fast Ethernet, le ralentissement qu'ils causeraient limite l'intérêt d'un réseau dix fois plus rapide. Il faut donc remplacer tous les éléments du réseau. Comme nous l'avons indiqué plus haut, avec les produits mixtes 10/100 Mbits/s, une migration naturelle est assurée à partir d'Ethernet. La compatibilité sera donc assurée par les cartes ainsi conçues. Reste le problème du câblage. On a déjà vu qu'il était impossible de réutiliser les câbles coaxiaux. Ceux qui ont placé des câbles bon marché (par exemple catégorie 3 ou 4 en deux paires) vont également devoir remplacer leur installation. Par contre, les autres installations à base de câbles à quadruple paires torsadées ou de catégorie 5 ou encore en fibre optique, permettent tout à fait un passage vers Fast Ethernet. Selon un sondage récent, c'est précisément le cas d'une grande majorité des câblages actuels. FDDI peut être lui aussi relié à Fast Ethernet. Bien que les protocoles utilisés par 100VG-Anylan soient différents, il est toutefois possible de les connecter par l'intermédiaire de routeurs et de commutateurs. Fast Ethernet est une évolution naturelle d'Ethernet. Les administrateurs de réseau peuvent planifier leur migration vers Fast Ethernet d'une façon logique et bien structurée, avec une perturbation minimum du réseau en place. Fast Ethernet jouit de toute évidence du succès d'Ethernet. Parce que le matériel est en constante évolution, plutôt que de se lancer constamment dans la dernière technologie en date (cela a un coût), les utilisateurs d'Ethernet préfèrent opter pour un prolongement et une évolution progressive de leur réseau existant. Plutôt que d'avoir à réapprendre une technologie entièrement différente, les utilisateurs peuvent se resservir de toute leur expérience accumulée pendant des années. Ils évitent de perdre un investissement considérable en apprentissage, encadrement et outils d'analyse. La technologie Fast Ethernet profite de ses atouts : installation aisée, haut débit et popularité d'Ethernet dont il est le successeur naturel. Mais la technologie employée (de type probabiliste) n'assure pas un débit minimum dans le cas d'un grand nombre d'utilisateurs. Le succès d'Ethernet a attiré de nombreux constructeurs de toutes tailles, qui proposent des matériels toujours plus performants et meilleur marché. Les uns attirant les autres, les clients se sont mis à affluer en toujours plus grand nombre. Ce sont les mêmes constructeurs qui ont opté pour Fast Ethernet. Maintenant plus d'une centaine, ils créent le même contexte favorable que celui qui a aboutit à la domination d'Ethernet. Tous les jours de nouvelles sociétés présentent de nouveaux composants. Il serait inutile de les citer toutes ici. Vous trouverez en annexe une compilation des produits classés par type et par entreprises. La norme 100Base-VG est proposée à l'IEEE dès novembre 1992 par Hewlett-Packard. En août 1993, AT&T propose les premiers composants. En novembre 1993, les comités 802.5 et 802.12 votent leur accord pour l'extension Token Ring au standard 802.12. IBM, Proteon et Texas Instruments rejoignent alors le comité. La norme est définitivement approuvée en juin 1995. Dans " 100VG-AnyLAN ", 100 représente le taux de transfert nominal (théorique). VG signifie Voice Grade, un câble Voice Grade se rapportant en général à un câble de catégorie 3. AnyLAN est une abréviation de Any Local Area Network, allusion au fait que 100VG soit compatible avec tous les systèmes de câblages existants (nous verrons ce qu'il en est réellement). Voici les caractéristiques de 100VG-AnyLAN, d'après le texte 802.12 :
Ces points méritent une explication plus détaillée. Vue de l'extérieur, l'aspect physique de 100VG est proche d'Ethernet (et donc éloigné de Token Ring). Chaque poste utilisateur est ainsi relié à un hub qui peut être lui-même relié à un autre hub, etc. Le concentrateur au sommet qui n'a pas de hub parent est appelé hub "racine". Il rassemble donc des postes et, surtout, d'autres hubs fils. Cette notion de hiérarchie dans les concentrateurs est capitale par rapport à Ethernet classique pour qui l'ensemble des machines connectées en aval d'un port du hub sont à égalité. Notons que le nombre de hubs sur la même ligne directe en aval du concentrateur racine est limité à cinq (d'où un maximum de 10^5=10000 ports disponibles au maximum). C'est largement suffisant quand on sait qu'un segment ne peut pas accepter plus de 1024 postes (en pratique, HP recommande plutôt 250). On distingue les hubs des noeuds terminaux (les postes utilisateurs). Un noeud (sans autre précision) peut représenter aussi bien un hub qu'un poste utilisateur.
Lorsqu'un poste transmet un paquet, il est toujours
le seul à le faire. Ce paquet est transmis à l'ensemble
des concentrateurs qui déterminent s'il est adressé
à l'une des machines connectées. Attention, ce sont
bien les hubs qui prennent la décision et non les postes
! Cela donne des possibilités accrues de sécurité,
comme on le verra plus loin. Cette hiérarchie n'influe pas (du moins directement) sur les performances ou la bande passante, dans le sens où un noeud n'aurait droit qu'à la bande passante réservée au hub parent divisée par le nombre de ports connectés. Elle est surtout un moyen de rationaliser le réseau. En effet, nous avons ici affaire à des hubs intelligents, dans la mesure où la connaissance des postes qui leur sont reliés permet une nouvelle méthode de gestion des envois de trames. Il s'agit de DPAM que nous allons voir maintenant. Voici comment cela s'opère : D'une part, les noeuds qui ont un paquet à envoyer transmettent un signal de demande d'autorisation d'émission, soit en haute priorité, soit en priorité normale. D'autre part, les concentrateurs parcourent les informations reçues sur leurs ports. Si un port ne reçoit aucune demande d'émission, il est ignoré et le hub passe au port suivant. Au final, le concentrateur aura établi une liste de noeuds désirant émettre qu'il va satisfaire en commençant par ceux qui ont fait une demande en haute priorité. C'est ce caractère déterministe qui fait la différence avec Ethernet et Fast Ethernet, basés sur un principe probabiliste. Ce système n'est pas exempt de problèmes que le comité 100VG a tâché de résoudre. Ainsi il se peut que certaines informations en basse priorité n'aient pu être transmises pendant un cycle. Dans un cas particulièrement défavorable, on peut imaginer qu'elles soient à chaque cycle supplantées par d'autres paquets plus prioritaires et jamais envoyées. En fait, lors de la première tentative d'émission, le hub va allouer aux basses priorités un compteur qui, au bout d'un certain temps, va faire passer le paquet en haute priorité. Ainsi, même une trame non prioritaire est sûre d'être envoyée. Y a-t-il des risques de saturation du réseau par les hautes priorités ? En théorie, cela peut arriver, en particulier si, par exemple, un serveur a été configuré pour envoyer ses paquets en mode prioritaire en permanence. Il ne faut jamais faire ce genre d'opération directement sur la machine. Le mode priorité est réservé, en fait, à des applications, du type multimédia, et non à une machine. Ces applications peuvent ne pas s'exécuter de façon idéale si beaucoup de trafic prioritaire est en cours, mais le résultat sera de toute manière meilleur qu'avec les autres modes d'accès. On peut représenter cet état de fait par la formule suivante : Bande passante disponible = Bande passante totale / nombre de noeuds en émission (avec nombre de noeuds en émission nombre de noeuds total) Dans le pire des cas, on peut donc avoir Bande passante disponible = Bande passante totale / nombre de noeuds total. Il est impossible, vu le caractère déterministe du réseau, d'obtenir un cas plus défavorable. En résumé, il est assuré pour un noeud d'envoyer un paquet, quel que soit l'état des autres noeuds. En pratique, on s'aperçoit que le taux de transfert du réseau atteint environ 95 Mbits/s, soit plus de 90% du taux théorique ! A comparer aux 40% habituels de Fast Ethernet... Au fur et à mesure que les entreprises deviennent plus dépendantes de leur réseau local, la sécurité devient un point crucial. En effet, la délinquance informatique se répand de façon alarmante, principalement à cause de la faiblesse des installations de protection. 100VG-AnyLAN n'a pas négligé cet aspect des choses et, grâce à la nouvelle gestion des paquets, il est plus difficile à un tiers d'entrer en possession des informations véhiculées que dans le cas d'une configuration Ethernet ou Token Ring.
En effet, Ethernet transmet les trames à l'ensemble
du segment et laisse chaque poste décider si elles lui
sont destinées ou non. Pour Token Ring, cela se retrouve
dans la mesure où, si l'émetteur et le destinataire
sont très distants, le paquet devra parcourir un long chemin
sur l'anneau et sera donc à la merci d'un des ordinateurs
intermédiaires. Dans chaque cas, une machine pourrait parfaitement
intercepter la trame sans que le récepteur ne se doute
de rien. D'autant plus que certaines cartes adaptateurs peuvent
être paramètrées pour recevoir toutes les
informations passant à leur portée, y compris celles
qui ne leur sont pas destinées (notion de "promiscuité").
Figure III-3 Token Ring : un message de A vers C est intercepté par B
Dans 100VG, la notion de promiscuité existe
toujours, afin de permettre un contrôle du trafic. Néanmoins,
l'administrateur réseau peut configurer chaque concentrateur
différemment. Il peut ainsi refuser la possibilité
de se connecter à un noeud terminal qui utilise la promiscuité,
à moins qu'il n'y soit autorisé par l'administrateur.
Ainsi, une personne malveillante ne peut plus " voir "
les informations véhiculées sur le réseau.
Si le risque a diminué au niveau des noeuds terminaux, il existe toujours au niveau des concentrateurs. En effet, comme chaque paquet est transmis à l'ensemble des hubs, un hub pirate pourrait capter les données. Pour éviter cela, l'administrateur se doit de maintenir une liste de concentrateurs officiels. Selon le texte officiel, 100VG doit supporter les trames et la couche MAC d'Ether-net. Qu'est-ce que cela signifie ? En fait, la définition du nouveau réseau n'a pas nécessité la création d'un nouveau format de trame. Le consortium a donc décidé que, par défaut, la trame utilisée par 100VG sera précisément celle d'Ethernet. Il devient alors facile de concevoir des cartes mixtes, comme le fait, entre autres, Hewlett-Packard. Si on se branche sur leur port 10Base-T, elles agiront comme des cartes 10Base classiques. Cela permet un passage progressif en équipant les nouvelles machines de ces cartes, en prévision d'un changement de réseau. En fait, la compatibilité dont parle le consortium signifie qu'il est facile de placer un pont entre un réseau Ethernet et un réseau 100VG. Ainsi, il est envisageable de morceler une migration d'un réseau. Autre point crucial, le câblage. Il s'agit plus d'un problème de portabilité que de compatibilité : nous verrons cela plus en détail dans la partie matériel. Sachez néanmoins qu'il n'y a aucun espoir d'utiliser les anciens câbles coaxiaux.
Le texte officiel prévoit également la compatibilité avec les trames Token Ring. Cette implémentation n'est toutefois qu'optionnelle et dépend principalement des puces utilisées dans les cartes. AT&T et TI proposent ce type de puces, en plus de leur gamme classique, mais elles sont moins souvent utilisées par les constructeurs de cartes que les puces classiques.
Comme avec Ethernet, l'utilisation de trames Token
Ring (TR) permettra de ponter un réseau TR avec un réseau
100VG. Ceci est particulièrement intéressant quand
on sait qu'il est impossible de ponter un réseau Ethernet
classique avec un réseau Token Ring. Maintenant, si l'on
utilise les trames TR dans 100VG, il suffira d'une adaptation
de trame pour relier 100VG et Ethernet. On aura donc un pont entre
Token Ring et 100VG, puis un routeur entre 100VG et Ethernet :
il sera possible de communiquer. 100VG, comme Fast Ethernet d'ailleurs, rompt définitivement avec les câbles coaxiaux, cela pour des raisons de performances qu'ils ne peuvent atteindre. Par contre, 100VG-AnyLAN fait la part belle aux câbles à paires torsadées. Le matériel est d'ores et déjà disponible pour les câbles à quatre paires, de catégorie 3, 4 et 5, non blindés. 100VG devrait également supporter les câbles blindés, à deux paires, ainsi que la fibre optique. Tous les câbles ne sont toutefois pas égaux devant la distance maximum entre deux points contigus du réseau (noeud-concentrateur ou concentrateur-concentrateur). Pour les catégories 3 et 4, cette distance est de 100 m. Pour la 5, elle est de 200 m. La fibre optique permet d'atteindre 500 m voire 2000 m, selon que l'on utilise un support de 800 nm ou de 1300 nm. Enfin, les câbles à deux paires vont jusqu'à 100 m. Il faut ici signaler une différence importante avec Ethernet et Fast Ethernet. Ceux-ci, pour des raisons de gestion des collisions, sont contraints de limiter la longueur totale des câbles utilisées dans l'ensemble du réseau. Cette limitation disparaît ici. Si on dispose de hubs qui comprennent de nombreux ports, il est envisageable de construire un réseau très étendu physiquement. Malheureusement, le temps de réponse d'un noeud quelconque au hub racine est limité. Cela fait que le rayon des câbles (i.e. la distance entre deux points quelconques du réseau) est de 2000 m, cette valeur étant valable pour tous les types de câbles. Aucun espoir n'est permis : il est inutile d'essayer de brancher les anciennes cartes 10Base sur les hubs 100VG. Pour changer de réseau, il est donc nécessaire de changer toutes les cartes-adaptateurs. Heureusement, cela peut se faire progressivement. Rappelons par ailleurs que le nombre de postes et donc de cartes sur un segment est limité à environ 250. Un nombre toujours croissant de constructeurs de cartes 100VG-AnyLAN est sur les rangs. Le choix est maintenant suffisamment large pour que l'on puisse faire jouer la concurrence, en particulier pour les cartes supportant les câbles à paires torsadées 3, 4 et 5. Le prix moyen est de 1500 FF HT, soit 1,5 fois plus cher que les cartes 10Base pour 10 fois plus de rapidité. D'ailleurs, les cartes mixtes 10/100VG (environ la moitié de l'offre) ne sont pas sensiblement plus chères... Pour ce type de cartes, la différence se fait simplement au niveau du bus sur lequel on branche la carte. Dans l'ordre croissant du prix, on trouve donc des ISA, des PCI et des EISA ; PCI est le plus performant mais EISA est réservé aux serveurs. Il nous a été impossible de trouver des renseignements sur les cartes supportant la fibre optique en France. Elles devraient être maintenant disponibles aux Etats-Unis et leur prix, si on se base sur le marché des cartes Ethernet classiques, serait en gros le double. Dernière chose : rien ne filtre encore sur des cartes susceptibles de supporter les câbles à paires torsadées à deux paires. On murmure simplement qu'elles devraient apparaître courant 1996. Le nombre de concentrateurs n'est pas explicitement limité. On a vu que sur une même ligne descendant du hub racine, il ne peut y avoir plus de cinq concentrateurs (en comptant la racine et l'extrémité). On ne peut donc dépasser le nombre de 5^4=625, chiffre tout à fait respectable. Les nouveaux concentrateurs sont totalement différents des anciens. Il faut donc aussi se résoudre à sacrifier ces derniers. Ici, le choix est beaucoup plus limité que pour les cartes. Sur le marché français, on trouve toujours Hewlett-Packard ; son hub a 15 ports et coûte environ 16KF HT, soit plus de 1000 FF par port. Aux Etats-Unis, le choix est déjà plus important. En plus de HP, Alfa Inc., Compex, KTI Networks, Multimedia LAN, Optical Data System, Ragula Systems et Thomas Conrad proposent leurs propres concentrateurs. Les prix par port sont d'ailleurs plutôt moins élevés que ceux que propose HP (aux USA), soit autour de 800 FF HT. Quant à la disponibilité en France... Outre les hubs, certains éléments moins cruciaux du réseau seront peut-être adaptés. Toujours sur le marché américain, on trouve des routeurs 100VG/Token Ring, des ponts vers ATM, des ponts vers Ethernet voire même des commutateurs ! Même remarque néanmoins que précédemment : il sera assez difficile de les trouver en France, du moins à ce jour (février 1996).
Il est clair que les administrateurs de réseaux Token Ring seront enchantés de passer au 100VG-AnyLAN. En effet, ils retrouvent une gestion des paquets "propre" (n'oublions pas que c'est ce qui les avait poussé à choisir Token Ring) ; ils ont le plaisir, assez relatif, de voir que leur réseau est utilisé au maximum de ses possibilités, comme ils en avaient l'habitude. Mieux, leur ancien réseau pourra être connecté au nouveau par un pont, ce qui permettra un passage en douceur. D'ailleurs, IBM et la plupart des constructeurs en qui ils avaient confiance sont passés à 100VG. Bref, ils arrivent en terrain connu. Les responsables de réseau Ethernet seront par contre plus difficiles à convaincre. Eux qui étaient rassurés d'utiliser le plus important standard du marché trouvent moins leurs marques. Bien sûr, nombre de constructeurs Ethernet sont maintenant sous la bannière 100VG mais cela n'est rien en comparaison de Fast Ethernet. Malheureusement, eux qui aimaient faire leur choix parmi les petits constructeurs sont face à Hewlett-Packard qui personnifie à lui seul 100VG, les autres passant au second plan. Pour les décider, ce réseau ne manque toutefois pas d'atouts : enfin leur matériel sera utilisé à 90% de ces capacités (utopique jusqu'ici) ! Ceux qui avaient installé des câbles à paires torsadées seront soulagés de voir que l'investissement sera plus durable que prévu. Les détracteurs pourront protester que le nouveau standard est suffisamment différent pour qu'il soit nécessaire de dépenser des sommes importantes dans la formation du personnel. Cela est vrai ; toutefois, c'est un investissement à long terme, puisque ce réseau saturera moins vite que Fast Ethernet, d'où des gains encore plus importants dans la longévité du matériel. En dehors de Hewlett-Packard, le 100VG-AnyLAN Consortium se compose d'IBM, Proteon, Madge, Texas Instruments (des vétérans de Token Ring), de Compaq, Cisco, Thomas Conrad, KTI Networks Inc., Compex Inc ou encore d'AT&T. Aujourd'hui, l'offre rassemble une quarantaine de constructeurs. Notons que certains, et non des moindres, comme Thomas Conrad, AT&T, TI ou IBM, proposent également des produits pour Fast Ethernet. Pire, Compaq a proposé à l'IEEE, avec d'autres constructeurs, un projet d'Ethernet 1 Gbit/s (prévu pour la succession de Fast Ethernet). Il semblerait que, pour ces constructeurs, leur attitude relève plus de la prudence face à un marché naissant que de l'enthousiasme débordant. Ainsi, Texas Instruments a conçu une puce (la Thunderlan) qui supporte aussi bien 100VG-AnyLAN que Fast Ethernet ! Les constructeurs de composants électroniques ne sont pas encore très nombreux. Il y a peu, seul AT&T était présent ; Pericom Semiconductor et Motorola proposent maintenant leurs propres puces 100VG. On attend d'autre part l'arrivée d'Applied Micro Circuit et surtout celle de Texas Instruments. Une offre importante pourrait affermir définitivement ce standard par rapport au concurrent. Il est clair toutefois que le consortium est dominé par HP qui, non content d'être l'initiateur du projet, est la référence pour toute la presse informatique. Pour le moment en tout cas, la réussite de 100VG est liée aux ventes des produits Hewlett-Packard. C'est encore HP qui a pris seul l'initiative d'étudier le 1G AnyLAN, réponse au Ethernet 1 Gbps. Pourtant, HP a annoncé récemment, de façon plutôt discrète, son intention de proposer des interfaces 100Base T sur certains de ses produits. Bien sûr, ce n'est pas une reddition, mais son bel enthousiasme du début semble retombé. En tout cas, cela n'est pas pour rassurer l'utilisateur. L'intérêt du FDDI est évident :
La norme FDDI prévoit deux classes de service : synchrone et asynchrone. La classe synchrone est prioritaire assurant une bande passante et un temps d'accès garanti, ce qui est indispensable pour les applications qui exigent un accès en mode déterministe au réseau et une fluctuation minimale d'arrivée des trames (vidéo et son). La classe asynchrone ne bénéficie pas de bande passante. Elle exploite celle qui n'est pas utilisée par la classe synchrone. Par ailleurs, FDDI intègre en standard un ensemble élaboré de fonctions d'administration et de surveillance. Ceci permet de le gérer bien plus facilement qu'un réseau traditionnel. Néanmoins, dans le cadre d'une évolution, FDDI présente un inconvénient de taille car il remet purement et simplement en question toute l'infrastructure de base existante. Le coût engendré est sans commune mesure avec le gain de performance acquis.
ATM fonctionne avec une technologie dite de commutation de cellules, alors que les réseaux traditionnels comme Ethernet ou Token-ring utilise la commutation de trames. Pour intégrer ATM dans un réseau local, il faut donc surmonter deux difficultés : la conversion des adresses et l'adaptation du mode d'accès. Afin d'assurer la compatibilité avec les réseaux locaux existants, l'ATM-Forum a défini l'émulation de réseaux locaux sur ATM. Elle offre un service sans connexion (une station A envoie ses informations sur le média, et B les y récupère) reposant sur un réseau ATM, par nature orienté connexion (une station A doit établir une connexion avec une station B avant d'émettre). Pour cela, ATM LANE simule une couche MAC, de sorte que les applications développées pour les réseaux locaux Ethernet et Token-ring peuvent utiliser le service offert par cette couche sans modification. Par ailleurs, l'émulation de réseaux locaux introduit au niveau MAC une fonction de traduction d'adresses, qui établit une correspondance entre les adresses MAC et les adresses ATM. Comme FDDI, ATM peut être utilisé comme artère fédératrice (backbone). L'intérêt de FDDI est qu'il peut être utilisé avec des routeurs standards (pas de conversion d'adresses ou d'adaptation de mode d'accès à faire). ATM, quant à lui, présente l'avantage d'avoir un délai de commutation plus court que FDDI (intéressant pour le multimédia). De plus, ATM LAN Emulation viendra facilement s'intégrer le jour venu aux réseaux ATM WAN (Wide Area Network). Les réseaux locaux ATM sont donc particulièrement adaptés à la résorption des goulots d'étranglement puisqu'ils permettent l'augmentation de débit (155 Mbits/s et plus). Ils faciliteront certainement l'introduction du multimédia. Après Ethernet à 10 Mbits/s et Fast Ethernet à 100 Mbits/s, certains constructeurs, dont 3Com, Compaq et Sun, travaillent sur une nouvelle technologie qui permettrait d'atteindre la vitesse incroyable du Gigabits/s. " Gigabit Ethernet ", qui a été proposé à l'IEEE comme un standard de réseau local, supporterait ainsi des débits de 1 Gbits/s. Il s'emploierait essentiellement dans deux cas de figure : réseau principal à très haute vitesse ou artère fédératrice pour les réseaux Fast Ethernet existants. Cependant, on en est encore au stade expérimental. Par ailleurs, le prix de Gigabit Ethernet (évalué à trois fois celui de Fast Ethernet) serait plus important que FDDI (environ deux fois le prix de Fast Ethernet). De plus, certains analystes laissent entendre que le débit réel de Gigabit Ethernet ne serait que de 400 Mbits/s. De toute façon, tous les avis semblent concorder pour dire qu'ATM est plus attractif que Gigabit Ethernet car on peut avoir un réseau commun ATM à la fois pour le LAN et le WAN, ce qui ne sera jamais le cas pour Gigabit Ethernet. Suite à la proposition de Gigabit Ethernet, Hewlett-Packard a annoncé une nouvelle solution : " 1 G-AnyLAN ". Selon HP, le 1 G-AnyLAN devrait offrir un débit de 960 Mbits/s, contrairement à Gigabit Ethernet qui délivre au maximum 700 Mbits/s. Par ailleurs, le caractère déterministe de 1 G-AnyLAN lui permettrait de supporter des applications critiques comme du multimédia en multisessions. En attendant l'arrivée d'ATM, l'offre réseau haut débit se résume à 3 technologies : Fast Ethernet (100Base-T), 100VG-AnyLAN et FDDI. FDDI offre l'avantage d'avoir été éprouvé depuis quelques années. Cependant, sa mise en uvre coûteuse en fait un produit haut de gamme réservé aux artères fédératrices (backbones). Fast Ethernet et 100VG-AnyLAN offrent donc tous les deux une solution acceptable pour accélérer les échanges de données au sein du système informatique de l'entreprise. Lequel choisir ? Nous allons ici mettre face à face les deux standards. Si l'on se base uniquement sur les performances, 100VG-AnyLAN démontre sa supériorité. En effet, sa bande passante efficace est presque le double de celle de Fast Ethernet (95 Mbits/s contre 60Mbits/s), grâce à une gestion plus rationnelle des données à envoyer. Cette méthode permet aussi d'accroître la sécurité du réseau alors que son concurrent n'a pas amélioré ce qui existait déjà. Cependant, l'alliance Fast Ethernet, profitant directement de la domination d'Ethernet sur le marché mondial puisque 100Base-T conserve un grand nombre de points commun avec 10 Base, a su convaincre le marché de la suivre. Si en 1994 les deux technologies 100 Mbits/s se tenaient au coude à coude, l'an dernier Fast Ethernet a progressé beaucoup plus vite que 100VG-AnyLAN. Et, selon divers analystes, la différence devrait s'amplifier dans les prochaines années. Par ailleurs, IBM qui soutenait au départ HP et son 100VG-AnyLAN, préfère maintenant s'investir directement dans ATM. Rappelons qu'une centaine d'entreprises soutiennent 100Base-T contre une quarantaine seulement pour 100VG-AnyLAN. C'est pour ces raisons que Hewlett-Packard, au terme d'une bataille de deux ans, a déposé les armes à la mifévrier 1996, en reconnaissant Fast Ethernet comme un standard hautdébit. 100VG-AnyLAN s'effaçant devant Fast Ethernet, aucune alternative n'est envisageable : les réseaux locaux à 100 Mbits/s doivent répondre au standard Fast Ethernet. Cependant, il reste à considérer le problème du câblage. Le choix ne peut être fait au hasard : il est nécessaire de prendre en compte les interférences électromagnétiques que l'on trouve sur les bateaux militaires. En effet, dans cet environnement, on mesure des tensions parasites de 200 à 1000 V/m. Si l'on prend de grandes précautions lors de la pose, les câbles à paires torsadées blindés sont suffisamment résistants. Il est alors primordial que le blindage soit convenablement relié à la masse que forme la carcasse du navire. Les avertissements cités plus hauts (paires détorsadées, câbles dénudés...) seraient encore plus d'actualité. Néanmoins, il est à craindre que, malgré leur blindage, ces câbles ne soient pas adaptés dans certains endroits, tels que la salle des machines ou à proximité de la piste de décollage des porte-avions. La meilleure solution est alors la fibre optique qui est parfaitement insensible aux interférences. D'autant plus que les nouvelles gaines de protection sont suffisamment résistantes à l'eau de mer et à l'usure. L'idéal serait d'en installer partout. Malheureusement, le coût de la fibre optique limite son utilisation aux endroits sensibles. Finalement, tous les avis semblent concorder pour, dans le cas des navires de petit tonnage, l'installation d'un réseau Fast Ethernet à base de câbles à paires torsadées blindés, si possible de catégorie 5. Par contre, pour les navires plus imposants, il serait envisageable de combiner des câbles de catégorie 5 blindés avec un réseau fédérateur en fibre optique, afin de tenir compte de la longueur du bateau que seule la fibre optique peut couvrir. 10Base-2 : Ethernet sur câbles coaxiaux non blindés (Thinnet) 10Base-5 : Ethernet à base de câbles coaxiaux blindés (Thicknet) 10Base-T : nom souvent donné à Ethernet, en particulier sur câbles à paires torsadées. 10 représente la bande passante en Mbits/s. Base (base band signaling) signifie que les signaux Ethernet sont les seuls transportés sur le média. Le T est l'initiale de Twisted Pair, paire torsadée. 100Base-X : regroupe 100Base-FX et 100Base-TX, 100 représentant la bande passante en Mbits/s. 100Base-FX : nom donné à Fast Ethernet sur fibre optique de 62.5/125 microns. F est l'initiale de Fiber Channel, fibre optique. 100Base-T4 : nom donné à Fast Ethernet sur câble à 4 paires torsadées non blindés, de catégorie 3, 4 et 5. 100Base-T4 : nom donné à Fast Ethernet sur câble à 2 paires torsadées non blindés, de catégorie 5, blindés ou non. Armoire de brassage : emplacement où l'on branche tous les câbles d'un étage d'immeuble (par exemple) afin de réaliser la distribution des connexions au réseau. ATM (Asynchronous Transfer Mode) : technologie de transmission de données multimedia sous forme de cellules, orientée connexion et adaptée aux infrastructures LAN et WAN. AUI : type de connecteur utilisé par Ethernet pour connecter du 10Base-5. Bande passante : quantité d'information véhiculée, souvent exprimée en megabits par seconde. BNC (Bayonet-Neil-Concelman) : connecteur utilisé par 10Base-2. Commutateur (switch ou hub switché) : appareil qui alloue une bande passante maximale à chacun de ces ports. Connexion horizontale : câblage de la station de travail à l'armoire de brassage. Concentrateur (hub) : il permet de rassembler les postes dans un même domaine de collision. CSMA/CD (Carrier Sense Multiple Access / Collision detect) : méthode d'accès spécifique au réseau local Ethernet. Elle détecte les collisions pendant l'émission. En cas de détection, la station émettrice reémet son message. Diamètre du réseau : distance physique maximale entre deux noeuds terminaux quelconques d'un domaine de collision. Domaine de collision : réseau local de type CSMA/CD disposant d'une bande passante unique pour l'ensemble des machines connectées. DPAM (Demand Priority Access Method) : méthode d'accès non probabiliste développée par Hewlett-Packard pour pallier à l'insuffisance de CSMA/CD. Elle permet notamment de faire passer des flux prioritaires avant les autres flux. FDDI (Fiber Distributed Data Interface) : architecture de réseau fondée sur un double anneau physique en fibre optique. Il est souvent utilisé comme réseau fédérateur. FOIRL (Fiber-Optic Inter-Repeater Link) : fibre optique. LAN (Local Area Network) : cf. réseau local. MAC (couche) : elle définit les méthodes de connexion entre les éléments du réseau. MAN (Metropolitan Area Network) : réseau à l'échelle d'une ville. Méthode d'accès probabiliste : cf. CSMA/CD Méthode d'accès déterministe : cf. DPAM Microsegmentation : méthode qui consiste à diviser le réseau local en de multiples segments comprenant un nombre plus petit de noeuds terminaux afin de disposer d'une plus grande bande passante par poste. MII (Media Independent Interface) : interface standard pour Fast Ethernet, similaire à AUI pour Ethernet classique. NIC (Network Interface Card) : nom officiel des cartes-adaptateurs en Anglais. Noeuds (nodes) : il s'agit en général de la carte-adaptateur. OSI (couches) : définition théorique d'un réseau, sous forme de couches. Paquet : une information est partagée en paquets qui seront mis en forme dans une trame avant d'être envoyés sur le réseau. Répétiteur (repeater): appareil qui amplifie le signal reçu afin d'améliorer la portée des câbles. Répétiteur de classe I : répétiteur Fast Ethernet qui permet de changer de type de câble. Répétiteur de classe II : répétiteur Fast Ethernet ne permettant pas de changer de type de câble. Réseau fédérateur : réseau permettant les échanges entre plusieurs réseaux. Réseau local : réseau adapté aux échanges informatiques dans un immeuble. Réseau étendu : réseau à l'échelle nationale. RJ45 : connecteur utilisé par 10Base-T. Segment : cf. domaine de collision. SNMP (Simple Network Management Protocol) : ensemble de spécifications qui permettent de gérer, de prévoir les pannes ou de configurer facilement un appareil par logiciel. StarLAN : réseau de type Ethernet d'un débit de 3Mbits/s. Switch : cf. commutateurs. Thicknet : cf. 10Base-5. Thinnet : cf. 10Base-2. TR : initiales de " Token Ring ". Trames : ensemble de bits organisés en différents champs. Ces champs sont respectivement les adresses (destination et source), les données (de 46 à 1500 octets) et le contrôle d'erreur. TTR (timed token rotation) : méthode d'accès FDDI fondée sur la rotation d'une trame particulière, le jeton. WAN (Wide Area Network) : cf. réseau étendu.
L'ATM en sourdine jusqu'en 1998, 01 Informatique n°1382, 24 novembre 1995 ATM veut apprivoiser les protocoles de réseaux, 01 Informatique n°1388, 12 janvier 1996 Malgré les hauts débits, le cuivre a encore de l'avenir, 01 Informatique n°1389, 19 janvier 1996 Hewlett-Packard tend la main au 100Base-T, 01 Informatique n°1391, 2 février 1996 Le 100VG attire de nouveaux partenaires, 01 Informatique n°1393, 16 février 1996 Guide d'achat, Réseaux&Télécoms n°96, janv.1996 Hors Série 01 Réseaux n°19, oct.1995 Le contrôle de trafic, indispensable pour la qualité du service, Le Monde Informatique, 8 décembre 1995 ATM jusqu'au poste de travail, Le Monde Informatique n°664, 9 février 1996 HP s'ouvre au 100Base-T, Le Monde Informatique n°665, 16 février 1996 Ethernet story, H.GILBERT, 12 April 1995 Overview of the Fast Ethernet Consortium, Fast Ethernet Consortium, nov.1995 Quick Reference Guide to 100Mbps Fast Ethernet, Charles SPURGEON, sep.1995 Fast Ethernet Technology, Evaluation and Migration, SMC, fev.1995 LAN Emulation, Art WITTMAN 100VG-AnyLAN Consortium, août 1995 100VG-AnyLAN FAQ, RICHARD, nov.1995 Réseaux locaux à hauts débits, France Télécom, 1995 Ethernet et ses évolutions, A.FERRERO, ed. Addison Wesley, 1995 Les Réseaux, M.Pujolle, ed. Eyrolles
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